Politique nationale: Le plan B que cache les incessantes cérémonies d’hommage au Chef de l’Etat

Publié dans Politique
vendredi, 08 décembre 2017 00:00
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Depuis quelques semaines, comme si elles s’étaient passées le mot, les populations des différentes régions de la Côte d’Ivoire, soutenues par leurs élus organisent des cérémonies d’hommage et de remerciement au Chef de l’Etat, Alassane Ouattara.

Les cadres des régions du Nord au Sud, d’Est en Ouest,  dans ces foires d’éloges sans noms rivalisent d’ardeur , d’ingéniosité et de mobilisation de moyens matériels et financiers pour vanter les qualités du président de la République ou encore  pour énumérer ses actions dit-on de développement en leur faveur. Bien souvent, ces cérémonies sont transformées en véritables moments « d’attalaku » (Ndlr : louange dans le langage populaire) en faveur d’Alassane Ouattara, des éloges  dignes  de ceux qu’on entend et voir dans les bars et boites de nuits. Mais jusque-là, à toutes ces cérémonies de « glorification », le «  Seigneur » qu’on veut honorer n’a jamais été présent. C’est le duo Daniel Kablan Duncan, vice-président et Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre qui reçoivent les honneurs et vont les transmettre au Chef de l’Etat. Si, les populations profitent de ces occasions pour égrener leurs chapelets de doléances, les mandataires aussi saisissent l’occasion pour dire ce qui leur tient à cœur.

Les dessous de ces foires aux éloges

Cette façon de faire à quelques deux années d’un important rendez-vous électoral a fini par rendre suspicieux plus d’un. Certains observateurs et animateurs de la scène politique suspectent les instigateurs et organisateurs de ces cérémonies d’hommage. Pour ceux-ci, c’est une précampagne en vue de la présidentielle à venir : « Nous sommes en politique. Et vous le savez certainement que l’homme politique ne fait rien pour rien. Tout acte en politique vise un objectif. C’est peut-être cet objectif que nous n’arrivons pas à cerner pour l’heure. Mais, je crois que ça ne tardera pas », a  expliqué Kouadio J, jeune militant du Pdci-Rda.

Certains vont plus loin pour estimer qu’il s’agit d’un ballon d’essai pour voir si la couleuvre passera : «  Pour moi, ça augure d’un plan. On veut certainement peaufiner quelque chose qu’on garde encore secret »,  renchéri un jeune politologue. Mais, pour certains proches du RHDP, l’alliance au pouvoir, tout ceci n’est que pire et vaine suspicion : «  Alassane Ouattara est un homme de parole et d’honneur. Il respecte toujours ce qu’il dit. Il vous a dit d’attendre 2020 pour connaitre sa position. Attendez et vous verrez », a défendu ce député du district d’Abidjan.

L’épineuse question de la succession de Ouattara

Si, la volonté de candidature d’Alassane Ouattara en 2020 semble se dissiper, la question de sa succession reste épineuse. Et ces cérémonies d’hommages tous azimuts cherchent vraisemblablement à solutionner celle-ci avant l’heure. Alassane Ouattara, s’il arrivait « à postériori » à respecter sa parole donnée (celle de ne pas être candidat),  va tenir à la postérité et à la préservation de ses acquis. De ce fait, c’est  un homme de son sérail qu’il comptera voir lui succéder. Au nom du parti unifié, et vue la nouvelle constitution qui veut dorénavant que le candidat à la présidence et le Vice-président soient sur une même liste élective  l’alliance des Houphouétistes voudra incontestablement  positionner deux fidèles «  amis et frères » d’Alassane Ouattara.  Daniel Kablan Duncan, du parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et Amadou Gon Coulibaly, premier ministre et militant de première heure du Rassemblement des républicains (Rdr) qui président presque toujours les cérémonies d’hommages et de remerciements. Ils constituent le « couplé-gagnant ».

Ces cérémonies d’hommages, sont donc suscitées ou sont simplement de belles occasions d’initier, de faire prendre des bains de foule  et « former »  « le couple » à faire front au bourbier politique ivoirien. La mayonnaise prendra-t-elle ? « Les cadres devraient user des fonds mobilisés pour faire face aux urgences que minent notre société  et leurs régions dans les domaines éducatifs et sanitaires qu’en terme de personnels et matériels au lieu d'organiser des journées festives. C'est la meilleure publicité pour le chef de l’Etat que ces folklores. Cette stratégie d’approche est dépassée à mon sens. Pis, quand des intellectuels qui ont toutes leurs facultés en place s’y mettent, il y a à craindre pour le devenir de la nation», conclu un observateur de la vie politique.

YY

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