CPI / Témoin à charge ou à décharge ? Le général Mangou coincé entre deux feux

Publié dans Politique
jeudi, 21 septembre 2017 00:00
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Le général Philippe Mangou, témoin à charge ou à décharge ? De sources proches de la CPI, Philippe Mangou, ex-chef d'état-major des armées, sera le prochain témoin appelé à la barre par Fatou Bensouda. La question que bon nombre d’Ivoiriens et d’observateurs se posent depuis est de savoir si l’actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon témoignera contre le président Gbagbo et Blé Goudé, détenus à La Haye.

« Ce procès risque donc d’être pénible pour Mangou qui devra montrer qu’il a fui sans paraître un général félon. Mais pourra-t-il empêcher son propre procès d’avoir lieu ? », analysent déjà certains observateurs, à l’annonce de la nouvelle. En effet, on se souvient,  le samedi 9 avril 2016, au cours d'un meeting à la place Cp1 de Yopougon Sicogi, à en croire le président de la Nouvelle alliance de la Côte d'Ivoire pour la paix (Nacip), Sam l’Africain, le Général Philippe Mangou, annoncé comme témoin à la Cpi, ne dira pas des choses pour incriminer Laurent Gbagbo. « Quand on vous dit que le Général Mangou s'en va témoigner contre Gbagbo, c'est faux ! Ce que moi j'ai dit, il ne peut pas dire autre chose », avait-il indiqué, ajoutant que l'ex-chef d'état-major des Forces de défense et de sécurité (Fds) avait informé l'ex-président que la guerre était perdue d'avance à cause du rapport inégal des forces sur le terrain.

Général quatre étoiles, qu’il doit exclusivement à la crise militaro politique de 2002 et à Laurent Gbagbo, le témoignage de Philippe Mangou qui s’est réfugié dans la résidence de l’ambassadeur d’Afrique du Sud, est attendu par les patriotes ivoiriens et africains. « Philippe Mangou sait que le contre-interrogatoire risque de devenir son propre procès. Car il ne s’est pas empêché, quelques jours après sa fuite, de revenir à la tête de l’armée loyaliste. Il avait également été des premiers officiers militaires à faire allégeance à Gbagbo après la décision du Conseil constitutionnel. Comment pourra-t-il dégager sa propre responsabilité en décidant, au surplus de revenir défendre celui qu’il accuse de n’avoir pas été beau joueur et à qui il avait fini par demander sa démission ? La confrontation risque d’être palpitante entre lui et les avocats de l’ancien président », prédisent certains observateurs des mouvements patriotiques  acquis à la cause de Laurent Gbagbo. Mangou demandera-t-il que  son identité soit cachée ? Si à la pratique rien ne s’y oppose, il risque de passer pour un félon s’il exigeait que son  identité soit voilée. On se souvient qu’au lendemain de la divulgation par erreur de son nom parmi les témoins à charge, l’ancien chef d’état-major, largement embarrassé, avait produit un droit de réponse pour indiquer qu’il n’avait pas peur et que son souhait avait toujours été de témoigner à visage découvert. Si Mangou se présente comme un témoin à charge alors, il devra soutenir l’argument de ‘’plan commun ‘’ évoqué par le camp du procureur de la Cour pénale internationale.

Il devra donc s’atteler à démontrer qu’une hiérarchie militaire parallèle existait et qu’elle avait pour but d’éliminer de manière systématique les partisans d’Alassane Ouattara. Mais il devra sans doute d’abord montrer que le slogan « on gagne ou on gagne » est la preuve matérielle de ce ‘’plan commun’’. En attendant ce témoignage très attendu, le général Mangou, on se souvient, avait manifesté son désir de dire sa part de vérité à la Cpi. « J’avais moi-même envisagé de témoigner sans camouflage, car quand on a la vérité à dire, on ne se cache pas. Je veux parler, non pas pour faire condamner qui que ce soit, mais pour permettre aux Ivoiriens et à l’opinion internationale de connaître la vérité. Beaucoup de gens parlent sans savoir ce qui s’est réellement passé. Si encourager Monsieur Laurent Gbagbo, le 11 mars à démissionner au moment où lui-même demandait mon avis sur la question, pendant que l’armée était à cours d’armes et de munitions (vous et moi saurions certainement la provenance des armes et munitions stockées au palais) que les Ivoiriens mouraient et qu’ils ne pouvaient ni manger, ni se soigner, c’est trahir alors j’ai trahi. Que les uns et les autres soient patients. Qu’ils ne me jugent pas avant de m’avoir entendu», avait réagi le général Mangou en février 2016 après un article de presse à l’issue de la bourde commise par la Cpi dévoilant l’identité des témoins. Le général a-t-il changé d’avis depuis ? Les populations sont impatientes d’entendre sa part de vérité devant la CPI.

En attendant, l’histoire retiendra qu’en cette fin d’après-midi du 30, Gbagbo réunit son état-major dans sa résidence de Cocody. « Pouvez-vous défendre Abidjan ? » Quelques officiers répondent oui, sans excès d’enthousiasme. Philippe Mangou, le chef d’état-major, parle à peine. Le soir, le président sans troupes compte lancer un message à la télévision pour galvaniser les Patriotes. Mais quelques minutes avant 20 h, il apprend que Mangou s’est réfugié avec femme et enfants à la résidence de l’ambassadeur d’Afrique du Sud. Le coup est rude. Aussitôt, il annule son message à la nation. La défection de Mangou, c’est tout un symbole. Si le régime Gbagbo s’est effondré en quelques jours, ce n’est pas seulement pour des raisons tactiques. C’est aussi parce que ses troupes n’avaient plus le moral. Dès la fin de décembre, Guillaume Soro avait tenté de « retourner » Mangou. Fort de ses trois années à la primature, il avait multiplié les coups de fil aux officiers des Fds qu’il connaissait bien. « Il n’y a aucun avenir avec Laurent », leur disait-il. Pendant deux mois et demi, son travail de sape n’a rien donné. Mais le 30 mars, le sapeur Soro a fait tomber la muraille Gbagbo. Après Mangou, des dizaines d’officiers de toutes les unités ont rejoint Alassane Ouattara au Golf Hôtel.

 

ABOU TRAORE

 

Lu 346 fois Dernière modification le jeudi, 21 septembre 2017 17:50
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